Samedi 5 août 2006
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20:42
Il y a toujours quelque chose qui me gêne, dans les réflexions du type "il faut se réaliser", "il faut devenir soi-même". le côté "nous avons tous une "légende personelle, à nous de la découvrir".
Le problème, d'ailleurs, n'est pas dans l'idée même. bien sûr qu'on est mieux en étant soi-même, bien sûr que si vous découvrez que faire de la mosaïque est le meilleur moyen pour vous d'être heureux, c'est très bien, tout ça.
Non, ce qui m'embête, moi, c'est le prix. Pour une avare comme moi (avare est un bien grand mot, on va dire que j'ai des rapports pas nets avec l'argent, c'est meilleur pour mon ego), il fallait bien qu'on en arrive là.
Bon, évidemment, je ne parle pas de sous, là.
Mais je me suis entendu dire (je m'exprime mal, alors que je voulais simplement dire "on m'a dit" (mais ça me permettait une parenthèse, histoire d'embrouiller un plus les choses)), il y a peu "oui bon, d'accord, tu as souffert, mais au moins, moi, j'ai grandi, peu, mais quand même, je me suis un peu plus accompli moi-même. ça a passé par ta souffrance (et celle d'autres personnes)? Tant pis".
C'est ce tant pis là, qui m'interroge. Bien sûr, en l'occurence, je suis partie prenante, donc, ça ne compte pas vraiment. Mais quand même, on pêut généraliser.
Que notre société adorée pousse à l'individualisme, je crois que nous le savons tous. Elle pousse aussi à une soi-disant "solidarité", mais si elle était simple, la société, ça se saurait.
Individualisme un peu trop exacerbé.
Jusqu'où peut-on aller dans la "recherche de soi"? Est-ce qu'un meurtrier peut répondre "ben, je voulais juste savoir si j'en étais capable"?Je suppose que non...
Et pourtant, c'est cela qu'on nous apprend. On nous dit "pour toi, c'est toi qui compte. Que tu te connaisse, que tu t'épanouisse, que tu sois toi". Et si "moi", c'est un salaud ( ne me faite pas dire ce que je n'ai pas dit, et tout lien avec l'anecdote citée précédement serait purement imaginaire (j'insiste)), on fait quoi? parce que lui, ce qu'on lui aura appris, c'est "mon bonheur avant tout, et tant pis si ça passe par la souffrance d'autrui"...
C'est comme quand on me dit "pour que tu sois heureuse, sois toi". Oui, mais si "moi", c'est un être profiondément chiant et invivable, je fais quoi? je vis en ermite?
J'ai de la chance, je fais partie de ces gens qui ne voient vraiment pas en quoi leur bonheur pourrait passer par la souffrance d'autrui. Et ceux pour qui c'est le cas se posent rarement la question, puisqu'ils ne sont qu'indifférence à tout ce qui ne les concerne pas.
N'empêche, ça m'embête, tout ça. La recherche du bonheur, la recherche de soi, tout ça...c'est comme tout, finalement, ça permet de sacrée dérives. Et tant pis pour les autres, alors?
humeur : je hais décidemment l'histoire de peter Pan.
bande-son : tutto il tempo, Neffa.
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