Samedi 17 mars 2007
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19:29
Bon, alors là, il faut vraiment que je vous raconte.
Non, parce que j'ai beau savoir Rome petite, minuscule, même, il y a des limites.
Allons-y donc pour l'anecdote du jour.
Aujourd'hui samedi 17 mars était une de ces journées que j'aime. Il faisait beau. J'avais mis pour la première fois de l'année jupe et sandales. J'avais chapeau de soleil et lunettes noires. Pour fêter cela (premières sandales de l'année, ça se fête), j'avais mis mes plus beaux vêtements, ou plutôt, mes préférés. Bref, rien ou presque, ne pouvait ébranler ma bonne humeur. Même pas d'apprendre que la moitié de l'appartement se servait dans mon placard. Et moi qui m'étonnait d'avoir à acheter si souvent du pain...bref.
Bref bis, ellipse temporelle sur le début de la journée.
Je me trouvais vers je sais pas, 16h, au Panthéon. Très occupée à prendre des photos. J'étais même montée sur un petit parapet pour mieux en prendre. En en descendant, je pris la décision de m'asseoir 5 minutes. Je mène une vie de folie, que voulez-vous.
Un mec, qui était assis pas loin, s'approche et me demande l'heure. Je la lui donne, tellement je suis généreuse même que ça fait peur. Son visage, sa façon de parler, me disent vaguement quelque chose. je ne suis pas physionomiste, je me dis que je devais me tromper. En fait, c'était surtout un visage que mon esprit avait tout fait pour oublier. Mais pour le moment, je ne le savais pas.
Le mec commence à s'exclamer que je suis française (ouais, je sais que ça s'entend, c'est bon), que lui, il est italien, me demande ce que je fais, tout ça.
Peu à peu, ce visage, cette façon de parler...Ce faux air intéressé par ce que je raconte ("oh, archiviste, mais que c'est interessaaaant" (c'est ça, ducon)...Mon instinct a fini par le reconnaître. Avant ma conscience, je crois bien.
Je me suis levée sans encore être certaine de celui que j'avais devant moi. Il fallait fuir au plus vite. Je ne me suis même pas posé de question. Quelque chose au fond de ma mémoire me disait que...
Et j'avais raison.
Je faisais plusieurs pas en arrière, j'allais filer. Il me demande avant que je disparaisse : "Je m'appelle
Daniele, et toi ?" (oui, cette fois, foin de l'anonymat. )
Daniele.Je ne m'étais pas trompée.
Je venais pour la
2e fois de ma vie de perdre 100 euros.
Ou plus, qui sait, peut-être avait-il augmenté la somme possible?
Je lui ai lancé mon prénom et j'ai filé. pas eu le temps de me dire que par curiosité, j'aurai pu essayer de rester. Voir jusqu'où il pourrait aller cette fois. Voir s'il avait changé.
Non, je dois dire que j'ai juste fuit. Sans demander mon reste.
Ce mec est un malade, imaginez un peu : je le retrouve plus d'un an après, pas au même endroit ni à la même heure, avec e-xac-te-ment la même technique d'approche.
D'ailleurs, je me suis arrêtée plus loin pour prendre des photos. Devinez qui me dépasse et me fait un clin d'oeil ? Eh oui. Il m'avait suivie, en plus...
Les filles, si vous allez à Rome et qu'un Daniele vous approche...je n'ai qu'un conseil...Fuyez.
Oh, je sais, Daniele est un prénom fréquent. mais même.
Vous allez me dire, à cette heure-ci et vu le monde, je ne risquais pas grand chose. En fait, je ne risquais rien du tout, je pense. Mais j'espère qu'aucune fille n'a eu ou n'aura la mauvaise idée d'accepter enfin son café.
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