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Entre bleu clair et bleu foncé

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 18:44

Dans l'épisode précédent, les époux Sel se décident à partir en voyage de noce en Islande, voyage de noce qui se transforma en voyage de coton à cause d'une éruption volcanique et d'une préparation de mariage.

 

Et donc non, sur le quai du Rer, il n’y a pas eu de panne de train, et nous avions bien nos passeports. Un simple coup de téléphone suffit pourtant à troubler ce tableau idyllique (au moins). Au bout du sans fil, ma sœur :

 

-Alors, vous pouvez partir finalement ou pas ?

-Hein, quoi, qu’est-ce que tu racontes ? Bien sûr, qu’on part !

-Ben, à cause du volcan qui a explosé !

-Euh, tu retardes d’une année, ma vieille. Et par ailleurs, elle est nulle, ta blague.

-Mais non ! C’est pas le même volcan que la dernière fois, mais il a explosé, et ils disent que la circulation des avions risque d’être perturbée aujourd’hui !

 

Bref, je passe les insultes dont nous l’avons accablée à l’annonce de cette incroyable mais combien funeste nouvelle (soeurette, si tu me lis, encore pardon), et, grâce à la haute technologie qui nous permet d’avoir le réseau mondial dans la poche, nous nous sommes dépêchés de vérifier l’information sur internet : effectivement il y avait bien un volcan islandais qui venait d’exploser, le Grimsvötn, pour être précise. Là, on s’est dit qu’on était bon pour rédiger une petite vdm. Ensuite, nous sommes allés sur le site de l’aéroport : ouf, le vol ne semblait pas être annulé. De toute façon, nous étions dans le train, et n’avions plus qu’à continuer la route jusque Roissy. Mais la joyeuse ambiance du départ était un peu envolée, évidemment. Nous n’osions plus parler du voyage, et plus question de lire le guide en attendant.

 

Quelques 20 à 30 minutes plus tard, le verdict tombait : l’avion était bel et bien annulé. Même si du coup, on avait eu les 20 à 30 minutes sus-citées pour s’y préparer, c’était une nouvelle un peu rude. Nous commençâmes à chercher le bureau de Icelandair dans ce terminal que nous en connaissions ni l’un ni l’autre : sans succès (en fait, il semblerait qu’il n’existe tout simplement pas). Par contre, un gentil monsieur voulut bien nous amener au guichet où l’embarquement aurait dû avoir lieu. Au guichet en question, il y avait déjà pas mal de monde qui semblait être dans notre cas. Le résultat de la  pêche aux informations auprès du personnel de l’aéroport peut se résumer ainsi : oui, le vol était bien annulé, non, aucun avion ne partirait aujourd’hui pour Reykjavik, rentrez chez vous et revenez demain.

Je ne pense pas qu’il soit très utile de décrire l’ambiance dans laquelle s’effectua le retour en question : assez morose. Nous faisions tout de même notre possible pour ne pas nous laisser abattre, prévoyant de louer une voiture et partir « à l’aventure » si l’avion  du lendemain ne partait pas non plus, nous répétant que à tout prendre, il valait mieux que l’aéroport islandais soit fermé pour l’aller que pour le retour (je n’avais que moyennement envie de me retrouver bloquée là-bas, d’autant plus que nous devions reprendre le boulot dès le lendemain du jour prévu pour notre retour), et lançant des sms à toutes nos connaissances dans l’espoir de nous faire plaindre. La journée ne fut toutefois pas totalement perdue, et nous avons cet après-midi-là été faire une virée au jardin des plantes, où nous avons admiré quelques squelettes.

 

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Ne sont-ils pas mignons ?

Bref, nous voici à présent par un clair lundi de mai, sur les quais du Rer. Ambiance advienne que pourra. Ambiance si ce vol ci aussi est annulé, nous prenons acte de la volonté de l’Islande de ne pas nous voir débarquer sur son sol. Nous arrivâmes à l’aéroport encore plus tôt que la veille par rapport à l’horaire prévu pour le décollage, en nous disant qu’étant donné qu’il risquait d’y avoir une liste d’attente, il valait mieux arriver parmi les premiers. Là-bas, miracle : le vol était non pas annulé, mais « seulement » retardé. Ce qui signifiait que l’aéroport de Reykjavik était réouvert. Et qu’il y avait donc de l’espoir. Pas beaucoup (lorsque nous avions appelé l’agence de voyage pour savoir s’ils avaient plus d’informations, et aussi s’ils remboursaient en cas d’annulation du vol, ils avaient eu l’air assez pessimistes sur nos chances de monter dans l’avion, si toutefois, il décollait), mais un peu. Assez en tous cas, pour nous convaincre de rester sur place. Assez vite, on nous dit qu’il fallait attendre 15h (pour rappel, il était alors à peine midi), qu’à ce moment là, on serait certain de savoir si l’avion décollait ou non, ce qui ne serait probablement pas le cas de toute façon avant 18h.La perspective de passer la journée à l’aéroport vous ferait autant plaisir qu’à nous, avouez-le !

Je vous passe la longue, très longue attente. Pour vous dire, j’ai lu deux bouquins (certes courts, puisqu’il s’agissait de pièces de théâtre) dans la journée. Inconfortable, l’attente, puisque les gens commençaient à s’accumuler, et nous avons donc rapidement décider de rester dans la file d’attente. Toujours ce maudit espoir…

 

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Voilà le panorama que nous avons eu le loisir d'admirer pendant 6 heures de ce qui devait être notre premier jour en Islande. Ah, l'Islande, ses paysages, sa lumière...

Enfin, je ne sais plus trop à quelle heure, les guichets d’embarquement ouvrirent : victoire, l’avion est assuré de partir ! Oui, mais pourrions-nous entrer à l’intérieur ?

Cette note commence à être interminable, mais c’est normal : la journée le fut aussi.

Au bout de je sais pas, sans doute une bonne heure, c’est enfin notre tour ! Pour une raison que j’ignore encore maintenant, je suis prise d’une immense poussée de stress. Nous tendons nos passeports, et là, le « guichetier » (j’ignore le terme exact) se tourne vers sa collègue : « -Dis, quand il y a une croix, on fait quoi ? » (Sel, intérieurement : ben, tu les laisses passer, patate). La réponse de la collègue en question ne fut évidemment pas celle-là. Elle fut plutôt : « tu les fais patienter, les passagers ayant réservé pour ce vol sont prioritaires, ceux d’hier passeront après ». Ce qui est parfaitement injuste, et en plus, contraire à l’une des infos qui nous avait été donnée par une personne du guichet des informations, selon laquelle les passagers du vol annulé la veille seraient prioritaires.

 Et c’était reparti pour une attente d’une durée indéterminée, et probablement pour rien, en plus. A vrai dire, je dois le reconnaître, j’étais prête à abandonner. En fait, je l’étais depuis quasiment le début, tant la perspective de passer tout ce temps à attendre potentiellement pour rien me paraissait déprimante), mais CherEpoux m’a retenue, arguant (avec justesse) que nous risquions de le regretter, de toujours garder un petit doute, etc. N’empêche l’un comme l’autre (enfin, je crois), nous n’y croyions vraiment plus, et nous restions surtout pour le principe.

Et puis, petit à petit, on commença enfin à voir le bout de la file voisine, celle des passagers ayant réservé pour le jour même. C’était enfin notre tour ! Lorsque les bagages de la première personne de notre file partirent sur le tapis roulant, elle fut applaudie. Enfin, notre tour : il était moins une : apparemment, il ne restait plus que 8 places, dans ce fameux avion…Il semble que des personnes ont été refusées. Vraiment de la chance.

Une fois les précieux tickets d’embarquement dans la main, nous avons eu du mal à réaliser que finalement, nous pouvions partir, à vrai dire. Je pense même un très court instant « dommage », parce que notre plan D de partir faire un tour en Bretagne était devenu de plus en plus concret…mais ce n’est que partie remise ! En attendant, à nous l’Islande !

Cette fois, je vous passe l’heure de plus à attendre dans la salle d’embarquement, au point où on en était…Enfin, nous pouvons entrer dans l’avion. Mais nous n’étions pas encore partis, oh lala ! Nous étions assis depuis quelques minutes qu’un passager vint nous demander si nous pouvions pas nous pousser, parce qulà, on s’était installés à sa place. Comment ça, à sa place ? Mais non, c’est bien la nôtre, j’ai fait attention, regardez nos ticket, et…Et là, la bonne partie de rigolade commence : en fait, le gars du guichet nous avait filé des billets…pour le lendemain. Je dois dire qu’à ce stade là, j’ai été prise d’un vrai rire nerveux comme ça ne m’était jamais arrivé. Au bout d'un moment, on nous dit ", l'avion est archi plein, il n'y a plus qu'une place, est-ce que vous êtes d'accord pour que l'un parte ce soir et que l'autre le rejoingne demain ?" (ben voyons, quelle excellente idée, vraiment). Nous refusons, et je commence à craindre qu'ils ne fassent partir l'avion sans nous, mais avec nos sacs (on a tout de suite dit que ça nous était égal de ne pas partir, tant qu'on nous rendait nos sacs). Finalement, après une bonne gueulante de  qui je suppose être le chef de ces messieurs, ils ont fini par nous dégotter deux places. Pas à coté, certes, mais nous n'allions pas faire la fine bouche. 

Tout cela avait duré environ une heure, en comptant qu’en plus de cela, un incident technique s’est déclaré. Enfin, il est 20h, l’avion finit par décoller , avec seulement 6 heures de retard. Nous venons de passer 8h à l’aéroport, mais à part ça, tout va bien. On se demande juste quelle sera la prochaine tuile.

En fait, (je casse le suspens tout de suite), il n’y en a pas eu : le vol s’est effectué normalement, et 3h heures plus tard, avec un jour et 6 h de retard, nous débarquions enfin à Keflavik, l’aéroport international islandais.

Ouf !


(pardon pour la longueur, mais après tout, cela reflète bien ce que nous avons vécu ces deux jours là !)

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commentaires

Sel 07/06/2011 21:18



Oui, hein, Mia ! Elle m'a dit ensuite avoir regretté de nous avoir appelé, car cela nous a fait stresser plus tôt...Mais bon, à mon avis, ça n'aurait pas changé grand chose. A la limite, je
préfère avoir eu le trajet en train pour m'habituer à l'idée (dans son esprit, elle ne pensait pas nous annoncer quoique ce soit, elle avait entendu le truc aux infos et voulait de nos nouvelles
!)


Et euh...en vrai, je l'ai pas insultée, hein :) (et pour cause, vu que c'est C. qui l'a eue au téléphone. Et jamais je n'aurai accepté qu'il l'insulte non plus, bien sûr.) Mais bon, il est
possible que nous n'ayons pas été d'une amabilité à toute épreuve...


Au moins, ça fait des choses à raconter !



Mia 07/06/2011 21:09



Ouah, quelle épopée ! Une VDM ? oui et une bonne !!!


Contente que vous soyez partie et une pensée pour ta soeur qui a joué le rôle de l'annonciateur lugubre...



Sel 03/06/2011 09:45



Guillaume, effectivement, c'était pas mal aussi !


 


Armand :non, je n'avais pas particulièrement envciue ni besoin de faire un emprunt auprès des banques islandaises...
Par contre, je confirme : ce nétait pas particulièrement une étape gastronomique (il faut dire que je n'aime pas le mouton, ce qui réduit nettement le champ des possibles dans ce pays) 


 



Armand 03/06/2011 08:47


Chère Sel, J'espère que tu n'as pas eu besoin d'argent car il y a eu comme un petit problème avec les banques de ce merveilleux pays il y a deux ou trois ans! Par contre, si la cuisine est toujours
aussi savoureuse qu'il y a cinquante ans, tu auras pu te vanter d'avoir mangé des patates en boîte! (Je l'ai fait!) Amitiés


Guillaume 01/06/2011 14:34



Ah, les déboires aéportuaires... Et ces heures que j'ai passées dans divers aéroports de par le monde...


http://snovae.free.fr/spip.php?article244