Tel est le titre d'un livre que je viens de parcourir (Pierre Gourdain (et plein d'autres gens), La Révolution wikipédia,Mille et une Nuits, 2007). Il est ma foi assez intéressant, en particulier la préface, écrite par Pierre Assouline. Préface parfois un peu virulente, mais enfin, intéressante tout de même.
En fait, ce qui gêne Assouline (et on le comprend), c'est que wikipédia soit utilisé comme source unique, à tel point que ses étudiants lui demandent "mais comment faisiez vous avant?"Avant ? ben avant, on allait chercher soi-même l'information, si possible à plusieurs endroits pour pouvoir les confronter, au lieu de cliquer simplement sur le wiki.
Il reproche aussi à l'encyclopédie en ligne que, étant donné que n'importe qui peut y participer, on peut y trouver des erreurs énormes. Voire pire : des erreurs subtiles, celles que personne ne voit et qui peuvenet donc rester en ligne relativement longtemps. Oui, c'est vrai, un système a été mis en place pour vérifier la qualité de chaque intervention. Mais bon, certaines erreurs ne sont pas forcemment faciles à débusquer.
J'ajouterai un autre défaut : si on veut utiliser wikipédia en preuve pour une argumentation quelquonque, il suffit de la modifier juste avant. Ce serait évidemment particulièrement vil, mais cela m'étonnerait que je sois la première à y penser (et non, je n'ai pas mis en pratique, je suis une âme pure, moi).
Ceci dit, à plus grande échelle, le wiki peut être utilisé par des propagandistes ou même simplement par des hommes politiques pour manipuler un peu les gens, ce qui peut se révéler un peu gênant pour une encyclopédie qui prétend à la neutralité. Mais après tout, un formidable outil leur est donné pour cela, pourquoi s'en priver ? Là encore, on me dira que le site est continuellement surveillé etc. Mais n'empêche, lisez le livre, on y voit des beaux exemples, et qui étaient restés un certain temps en ligne, là encore (telle entreprise en diffame une autre, ou alors, annonce de la mort de personnes qui sont en fait bien vivantes : oui, à force de vouloir aller trop vite, on écris n'importe quoi ( à propos, j'ai appris à l'occasion que wiki, ça veut dire vite en hawaïen (par contre, je ne sais pas pourquoi avoir pris un mot hawaïen : peut-être parce qu'il était joli/rigolo ? ).
Le livre revient aussi sur une fameuse enquête qui aurait démontré que les information contenues dans la wiki étaient finalement aussi fiables que celles contenues dans l'encyclopédie Brittanica. En effet, la procédure de l'enquête en question fut un peu douteuse et -à mon avis-, rend assez nul (ou du moins, bancal) le résultat.
Toutefois, je ne vais pas faire la fine bouche : après tout, wikipédia, c'est quand même bien pratique, et je l'utilise moi-même pas mal. Pour des informations de seconde importance, ou très précises (dates, quantités, etc). pour ce qui est historique, par exemple, ou pire, politique, il est évident que le wiki ne peut constituer qu'un premier pas. Il faut reconnaître que certains contiennent des références bibliographiques et là, ça devient vraiment intéressant.
En fait, concluent les auteurs, le wiki peut devenir un très bon instrument pour les professeurs. pour apprendre à leurs élèves ou étudiants l'esprit critique, en particulier en ce qui concerne les sources. Un professeur préconise même à ses collègues de faire rédiger aux étudiants des articles dans l'encyclopédie participative : non seulement, cela les obligera à être rigoureux (puisqu'ils seront potentiellement lus par tous els francophone,s et non juste par des professeurs parfois blasés), mais en plus, ils feront travail utile, en améliorant la base de données sur des sujets parfois assez pointus, données qui seront par la suite utilisés par les autres étudiants. Et enfin, comme je le disais, cela pourrait les inciter à faire plus attention à ce qu'ils lisent, puisqu'ils en ont même écrit une partie.
Voilà, il y avait encore pas mal de choses dans ce petit livre (écrit assez gros, en plus), mais je pense que cela suffira pour cette note.
Conclusion : wikipédia, c'est bien, mais pas tout seul.