Ce week-end, suite à la lecture d'un livre où un homme d'une quarantaine d'années se retrouvait dans sa propre peau, mais à 14 ans, la question s'est posée comme une évidence : et pour moi ?
Si mon moi de 26 ans (et déjà trop de mois) se retrouvait dans la vie et la peau que j'avais à 14 ans, qu'en serait-il? Serait-ce très différent de ce que cela a été, déjà ?
Bien sûr, il y a des évidences. Je serais plus sûre de moi, et je m'habillerais autrement. Je serais moins cynique sur certains points, et probablement plus sur d'autres. Je verrais mes parents autrement, aussi. moins négativement, évidemment.
Mais finalement, est-ce que ce serait si différent que cela dans la vie de tous les jours ?
Je veux dire, je le vois encore quand je croise des lycéennes dans le métro. Aujourd'hui comme hier nous ne sommes pas du même monde. Aujourd'hui comme hier, elles me font peur, presque. Enfin non, pas aujourd'hui, parce que maintenant, je n'ai plus le même âge. je ne suis donc plus censée leur ressembler, au contraire.
Mais quand j'avais 14 ans, je croyais le devoir. d'ailleurs, j'aurai probablement dû (si cela avait été possible, ce dont je doute).
Non, je ne mets pas tous les lycéens dans le même panier. Mais forcemment, ceux que l'on remarque, c'est ceux qui font du bruit. Celles qui mettent des mini jupes, parlent fort et se maquillent.
Je serai probablement moins nunuche (j'espère !) face aux rares garçons qui m'approchèrent à l'époque. D'ailleurs, puisque j'aurai été peut-être plus affirmée, qui sait, ils auraient peut-être été plus nombreux ? (on peut toujours rêver, c'est à ça que servent les "si", non ?)
En gros : je me permettrais plus de choses (trop, peut-être, parce qu'il faudrait que je me remette dans la peau d'une lycéenne sans revenus !), je saurais mieux ce que j'aime et ce dont j'ai envie. Je ferais plus attention à l'impression que je donne car j'aurai appris que ça compte, même si ce n'est pas le plus important. Et d'ailleurs, je serais plus sereine parce que je saurais que cette impression n'est pas nécessairement négative, et que c'est aussi à moi de jouer, sur cepoint. Que je peux y faire quelque chose, qu'il n'est pas fatal que l'on pense du mal de moi (enfin, ce qui présuppose donc qu'on ait remarqué mon existence, et à l'époque, je pensais que c'était quasi impossible, à part pour deux ou trois copines. En fait, j'étais tellement obnubilée par l'idée que j'étais transparenbte et qu'on ne pouvait me remarquer que justement, je faisais tout pour cela. Cela me semblait dans l'ordre des choses, une fatalité)
Mais encore une fois, si mon moi de maintenant se retrouvait au mileiu d'uen classe de jeunes de 14 ans, pas certaine du tout que je ferai la fière. Non, c'est certain, je serais probablement aussi gênée qu'à l'époque. En partie pour les mêmes raisons (décalage d'avec les autres), mais seulement en partie (je suis quand même plus sûre de moi).
Autre possibilité : si mon moi de maintenant se retrouvait dans la peau de mes 14 ans, je me débrouillerais pour faire déménager mes parents en Normandie (ou pas).
C'est vrai quoi, il y a des jolies portes, en Normandie, non ?J'aime beaucoup celle-ci, en tous cas
Bande-son : Loreena MacKennit
humeur : après moultes et moultes péripéties, j'ai un logement certain à Rome. Soulagement. Et remerciements à qui de droit.