Le week-end dernier, nous nous sommes offerts deux jours à Assise.
Voici quelques réflexions en vrac et non dévelopées suite à cette visite :
-François a tout quitté pour vivre de pauvreté. Mais pour pouvoir faire ce choix, il faut avoir été riche, à un moment donné. Je ne dis pas qu'un "pauvre de naissance" ne peut pas faire l'éloge de celle-ci, mais cela ne pourra pas etre un choix entre deux alternatives, ou alors, deux alternatives différentes (l'un fait le choix entre richesse et pauvreté, l'autre entre accepter ce qu'il a (ou plutot, ce qu'il n'a pas) ou s'en plaindre, ou se battre.). Je parle là de pauvreté matérielle. En ce qui concerne la pauvreté intellectuelle, ou la pauvreté de coeur, tout est totalement différent à mon sens. François a fait le choix de la pauvreté systématique et sur tous les plans (bon, sur la pauvreté de coeur, j'exagère, enfin, j'imagine). Il y a beaucoup de façon de vivre celle-ci.
-Sainte Claire, elle aussi issue d'une famille "riche" a tout quitté vers l'age de 16-17 ans...Quel geste ! Mais n'est-ce pas aussi le "romantisme" de cet age ? Je m'imagine bien faire de même, surtout étant donné l'alternative, le probable mariage avec un barbon...Comment se représentait-elle son futur, lorsqu'elle décida ce qu'elle décida ?
-J'ai trouvé bizarre de voir conservés les (soi-disant ?) reliques de François et de Claire. Leurs tuniques, et même les cheveux de Claire. Ce n'est pas la première fois que je vois des reliques, la question n'est pas là, mais d'ahbitude, on n'en voit que des fragments. Là, c'est la tunique entière, des boucles de cheveux complètes. Cela a un coté, je ne sais pas...déprimant. Parce que j'ai du mal à croire que ce sont "les vrais" ? Ou parce qu'au contraire, bien plus que les pierres, ils nous rapprochent et nous éloignent à la fois d'eux, sans que je sache bien expliquer pourquoi ?Est-ce parce que ces vêtements, exposés dans des vitrines, semblaient être d'un format immense (j'ai trouvé) ? Etait-ce parceque effectivement, cette bure ne devait définitivement pas être cconfortable à porter ? Est-ce tout simplement à cause de leur âge, de l'histoire touchée du doigt ? Ou, comme je le disais, par cette "incroyance" de leur authenticité ? Ou par l'exposition des vêtements de ces "saints" ayant vécu une vie de misère et de souffrances, et qui nous sont exposés comme des modèles ? Peut-être aussi que le fait d'être accompagnée par un protestant a accentué ma sensibilité à ce coté là, je ne sais pas.
-Et surtout : "pauvre" François (et c'est le cas de le dire !), qui toute sa vie, a vécu pour que l'Eglise retrouve sa pauvreté primitive...Et pour qui, quelques centaines d'années plus tard, on batît une ode à l'art, la couleur, la beauté, mais aussi à la richesse et au luxe (je trouve). Alors certes, ce luxe est avant dédié à Dieu, mais quand je vois cela, je comprends d'autant mieux les mouvements qui voulurent retrouver la simplicité et aussi, l'absence de couleur...Pourtant, j'adore celles-ci, j'adore les vitraux, mais là, trop, c'est trop ! La basilique supérieure, avec la frise de Fra Angelico, est déjà plus simple, plus sobre, et donc, à mon avis, plus belle. Toujours à Assise, l'église Santa Chiara est, elle aussi, beaucoup plus sobre. Si je savais encore prier, je pense que ce serait là-bas que j'irais, beaucoup plus facilement qu'à San Francesco.
Et voilà Assise, vue depuis le chemin entre la ville moderne (où se trouve la gare) et la ville médiévale. Le monument en l'honneur de François (enfin, en l'honneur de Dieu, et de François) est bien entendu le gros machin à gauche. La basilique, c'est évidemment le bâtiment posé dessus. Le reste, j'imagine, sert de logement à nos franciscains. Enfin, je suppose. Et il y a aussi probablement un gros paquet d'archives !