Quelle chose étrange que le sourire...Pourquoi est-ce que cette expression du visage, les coins des lèvres relevés, signifie-t-elle ce qu'elle signifie ? Comment se fait-il que quand on nous sourit, on a envie de répondre de même (sauf quand nous sommes de mauvaise humeur, bien sûr) ? Comment se fait-il que même les bébés, sans le savoir vraiment, reproduisent cette expression du visage ? Et pourquoi le rire est-il communicatif, comme le baillement, d'ailleurs ? (pour ce dernier, j'avais vu un reportage où ils disaient que c'était par solidarité, comme pour dire "tu vois, je suis pareil" !)
Mais après tout, l'inverse est vrai : pourquoi pleurer quand on a mal ? Je veux dire, pleurer quand on a mal aux yeux, ok, c'est parfaitement logique. Mais lorsqu'on est triste ?
Tout cela n'a qu'une importance relative, ce qui compte, c'est que nous ayons les mêmes codes : sourire pour la joie, pour souhaiter la bienvenue, ou pour remercier ; regard plus maussade voire larmes pour la bouderie, la tristesse, la déprime.
D'ailleurs, les larmes sont-elles vraiment la marque de la tristesse, ou bien de l'émotion intense, triste ou heureuse ? Mais dans ce cas, si les larmes de joie sont plus rares (dans mon cas du moins), est-ce parce que les émotions heureuses sont souvent moins intenses que les tristes ? N'est-ce pas triste de penser que c'est le cas ?
Mais après tout, le bonheur est-il fait de joies intenses, ou au contraire, de ces petites joies distillées dans la journée, le café du matin, la lecture en terrasse, les promenades en nature, les repas partagés ? Mais si le bonheur se trouve en petite monnaie, et non pas en lingots, est-ce que cela ne le rend pas plus facile à supporter ? parce qu'après tout, si on devait pleurer, même de joie, à chaque fois, ne serait-ce pas un fatigant, à la longue ? (oui, pleurer, c'est crevant, je le sais d'expérience) Et du coup, peut-être que ce bonheur-là ne serait qu'à peine plus agréable à vivre que la dépression. Bon, j'exagère, mais disons que peut-être que ça gâcherait le bonheur en question. Ou alors, c'est ce que je me raconte, puisqu'il est quasi innacessible sur cette terre, du moins, de façon durable ?
Oui, je sais, je me pose trop de questions. Mais je vous rassure, rien de tout cela ne m'empêche de dormir. Ni de savourer mes week-ends à Rome. Surtout quand il fait beau, et que les cigales donnent de la voix sous les pins parasols.
Villa Pamphili, en ce 10 septembre 2011